Vendredi matin je me lèverais des cernes immenses sous les yeux, et pourtant un pétiment d'euphorie dans le regard. Je ferrais mon traintrain habituel de vacances bordées par le soleil et quelques nuages, puis j'enfourcherais ma valise que je déposerais dans le coffre de la bagnole, et je m'envolerais une nouvelle aux pays des rêves jusqu'à ce que quatre longues heures de voyage épuisantes défilent. Et quand j'ouvrirais les yeux, je serais aveuglée par la splendeur que l'homme a pû donner à cette ville, à cette univers, à la capitale de l'amour.
Paris.
Lundi en début d'après-midi je quitterais cette ville où tout le monde rêve d'aller au moins une fois dans sa vie pour goûter au plaisir des petites choses, pour marcher sur les trottoirs des longues routes, pour s'assoir le coeur lourd sur une chaise d'une petite terrasse et déguster les yeux vaguants de passant en passant un cappucino tout droit sorti de sa caftière avec une pointe de crème chantilly nappée de sucre. Je partirais en laissant derrière moi une ville qui continuera de tourner jusqu'à ce que je revienne. Et je retrouverais la ville où j'ai grandi, où mes premiers pas étaient ici, le coeur gros et un sourire radieux, je marcherais dans l'herbe abimée par le temps et jaunie par le soleil. Tout en fixant le ciel, je me dirais que celui-ci je ne l'avais jamais quitté, parce que bien que je parte dans une ville autre que la mienne, il recouvre l'univers entier et est le même pour tout le monde. Je me sentirais chez moi.
Mulhouse.